La visite de la fanfare

Une fanfare militaire venue d’Alexandrie se retrouve dans l’aéroport de Tel Aviv. Elle est conviée pour une représentation dans une petite ville afin d’ouvrir la cérémonie d’inauguration d’un centre culturel arabe, mais aucun représentant ne vient chercher à l’aéroport la petite troupe de musiciens. Le chef décide donc de prendre le car. Mais une série de déconvenues donne le ton d’un voyage peu ordinaire.
Film israélien d’Eran Kolirin avec Ronit Elkabetz, Sasson Gabai, Saleh Bakri, Khalifa Natour. (1 h 30.)
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Ils arrivent dans un village au milieu du désert qui s’avère ne pas être celui où ils sont attendus. Dans ce lieu, sans aucune activité culturelle, où les habitants comblent difficilement leur ennui, répétant chaque jour les mêmes gestes, ils s’adressent à la gérante d’un petit restaurant, Dina, qui les renseigne avec un étonnement moqueur. Mais sa causticité est à l’égal de sa générosité…
Obligés de passer la nuit ici, ils sont pris en charge par cette petite femme, pleine de ressources, qui demande à ses amis et parents d’héberger une partie de la fanfare.
Au cours de la soirée se découvrent alors préjugés, incompréhensions (la langue vernaculaire entre les Egyptiens et les Israëliens étant l’anglais) mais aussi similitudes, car ils se rendent compte que de part et d’autre de la frontière ils sont confrontés aux mêmes difficultés familiales, aux mêmes idéaux inassouvis. La guerre est loin…
Le général, homme rigide en apparence, qui souhaite que les conventions soient respectées, révèle ses failles à cette femme libre qu’est Dina, tandis qu’un autre membre de la fanfare, Kahled, séducteur invétéré, élément perturbateur, fréquemment insolent à l’encontre du chef, démontre une capacité d’adaptation et de débrouillardise dans cet univers à la fois si étranger et si proche.
Le film est à la fois touchant et drôle, simple et plein d’humour. Les plans fixes soulignent l’incongruité de certaines scènes où les personnages semblent avoir des difficultés à rester dans le cadre…
Soupirs, embarras, images comme appesanties par les incompréhensions, les maladresses, la conduite de la caméra se contente de représenter cette rupture du quotidien, sans effets, mais juste en suivant le jeu des acteurs et la ligne des paysages…
Plongée dans les affres du Viétongo - Les petits-fils nègres de Vercingétorix