Pourquoi j’ai tué Pierre

Tout en nuance cette bande-dessinée autobiographique (au dessin assez sobre) relate un évènement qui pourrait paraître anodin… Mais qui dans la vie d’un enfant prend l’adjectif de « pédophile ». Ni abusé, ni violé, il est touché et doit toucher… Ces attouchements resteront à jamais graver dans sa mémoire, au point de profondément marquer l’auteur-narrateur et sans doute de façonner son caractère. Il n’y a pas dénonciation, pas de recherche de coupable ou de vengeance, pas de rejet vis-à-vis de l’auteur de cet acte… Juste un inexplicable malaise, juste un traumatisme inguérissable… Le garçon de venu adulte de se demander omment tuer Pierre symboliquement et se laver de l’acte qu’il a commis?
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Ce livre est au départ la découverte par un jeune garçon des contradictions des grands : la religion de ses grands-parents qu’il aime mais dont il n’apprécie pas le conservatisme, l’athéisme de ses parents, baba-cools, extravertis et permissifs… Or Pierre, le curé bonhomme, drôle, qui devient l’ami semble faire la synthèse de ces antithèses. Il en est d’autant plus attachant et il semble difficile de devoir lui refuser quelque chose qu’on ne comprend pas très bien.
La démarche adoptée par l’auteur est en effet de raconter ce qu’il a subi en l’insérant dans un récit beaucoup plus large, en premier lieu avec les yeux remplis de naïveté de l’enfant, en second lieu avec les yeux de l’adulte qu’il est devenu.

Il illustre de quelle manière une relation fondée sur la confiance entre un jeune garçon, élevé dans un milieu libertaire et libéré, et un prêtre, qui malgré l’incroyance de ses parents, réussi à se faire accepter de toute la famille. Il abuse de la crédulité de l’enfant.
Pour autant Olivier Ka, accompagné dans son travail par Alfred, ne met pas en accusation Pierre, il n’arrive pas à le détester, même quand il le revoit des années plus tard, après avoir pris conscience des torts que cet attouchements avaient causé chez lui. Il retrace sans faire de liens de causalité absolus comment l’univers dans lequel il a été élevé (sexualité très libérée de ses parents, rapport à la nudité sans complexe) a longtemps fait croire à Olivier qu’au final cet acte n’était pas grave…
Amorosa Soledad – Comment surmonter l’adversité sentimentale?