La Tragédie d’Othello – Le Maure de Venise

Artistes : Jérémi Bénoliel (Roderigo), Benoît Dugas (Cassio), Vincent Gauthier (Brabantio), Karine Laleu (Desdémone), Pauline Mandroux (Emilia), Eliezer Mellul (le Doge), Alexandre Mousset (Iago), Assane Timbo (Othello)
Metteur en scène : : Edith Garraud
Rating : 
Quelques éléments de l’intrigue
Othello, vaillant défenseur de Venise, n’en demeure pas moins un Maure aux yeux de tous, c’est-à-dire un être de peu de prix qu’on ne peut considérer comme son égal. Aussi le père de Desdémone ressent-il dans un grand trouble quand il apprend qu’Othello et sa fille se sont mariés en secret…
Il prétend alors que ce dernier a utilisé des formules magiques pour ensorceler Desdémone et que celle-ci a été privée de son libre-arbitre. Devant le doge de Venise, auprès duquel il fait convoquer son gendre usurpateur, il est rapidement détrompé…
Mais Othello attise des rages moins contenues, plus secrètes et d’autant plus dangereuses. Iagos, serviteur en apparence fidèle, intrigue contre le Maure, faisant fi de toutes les conséquences de ses actes. Il lui reproche d’avoir choisi Cassio comme lieutenant… Il jure pourtant d’être à son maître pour mieux le tromper.

Il use de la faiblesse de Roderigo, prétendant déçu de Desdémone.
Le soupçon est un poison que l’on déverse facilement et qui prend aisément sur les terrains fertiles, prompts à la jalousie… C’est ainsi que Iago insinue petit à petit à Othello que son épouse le trompe avec Cassio.
Dans le même temps, il pousse ce dernier à s’enivrer et à commettre du tapage à Chypre, fraîchement conquise. Othello le renvoie. Iago feint prendre sa défense devant le Maure, puis le pousse à chercher auprès de Desdémone un soutien ; ce qu’elle accepte…
Et voilà chacun prit dans le piège impitoyable qui va progressivement confirmer le doute que nourrissait le Maure… La vengeance va consumer presque tous les personnages…
Il est difficile de faire émerger une unité de temps dans cette pièce qui se déroule d’abord à Venise puis à Chypre. Les époux se séparent une fois leur union légitimée pour se retrouver après une bataille décisive remportée contre les Turcs… Combien de temps s’est-il écoulé ?
Quelques éléments de critique
La pièce s’avère agréable à regarder, même si la salle expose le jeu à certaines précarités. Les comédiens semblent vraiment désirer entraîner les spectateurs dans les affres shakespeariens.
Les entremises de Iagos qui tisse sa toile pour attirer et tromper tout le monde sont accentuées par l’obscurité de la salle. La pénombre illustre toute la noirceur du personnage, qui pourtant sait s’attirer la sympathie de tous par son honnêteté affichée.
Quant à Othello, il n’est pas toujours des plus convaincants, bien qu’il interprète très bien cette jalousie rampante.
La scène de l’outrage d’Othello à son épouse, où il lui exprime ouvertement ses reproches, la compare à une traînée, et la violente, donne à l’interprète de Desdémone l’opportunité de révéler la richesse de son jeu. Pleurs saccadés, tremblements…
Pourtant certaines scènes sont sur-jouées ; les acteurs ne se saisissent pas de toute la potentialité de leurs textes. Le doge de Venise ressemble à certains égards à un bouffon égaré… Roderigo, personnage faible, manipulé et volé par Iagos, semble perdu dans son rôle, bien plus que le texte ne l’y invite… La servante à la fin s’époumone tant qu’elle rencontre des difficultés à articuler son texte…
La scène où Cassio se prend aux délices de l’alcool semble peu crédible tout comme la bataille qui lui succède…
La mise en scène est réduite à son plus simple appareil. Ce qui en soi peut-être une valeur ajoutée… Mais cette pauvreté se reflète aussi dans l’interprétation parfois incohérente et rend la compréhension de l’intrigue moins aisée… Quelques poteaux dans la salle gênent la visibilité. Ces défauts sont en partie compensés par la proximité du public (situés tout autour de la scène) et des acteurs : on peut saisir les cillements, les gestes dérobés…
And the thinnest is...