Hiroshima, fleurs d’été
De Tamiki Hara – Ed. Babel, 128 p.
3 récits sur la tragédie d’Hiroshima : avant, pendant et après.
Une description sans concession de la plume d’un poète japonais qui se suicida en 1951… La folie des hommes incarnée par cette immersion dans l’horreur…
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Dans Prélude à la destruction, l’auteur nous fait vivre le quotidien lancinant des alertes à la bombe et la difficulté pour une famille de réussir à s’organiser et à se ressouder.
Dans Fleurs d’été, nous nous trouvons projetés dans le tourbillon immédiat de l’après-bombe, quand les gens qui ont survécu fuient de manière désordonnée… Mais contaminés, brûlés, leurs visages déformés, leurs plaies infectées rapidement investies par les mouches et les vers, beaucoup de ces survivants décèdent dans d’atroces souffrances. Le paysage n’est plus que ruine.
Dans Ruines, quelques mois après la bombe, le quotidien reprend difficilement ses droits… Les infrastructures commencent à être rétablies, mais le paysage de désolation laisse une empreinte indélébile. Les familles sont encore touchées par des morts dus à l’explosion de la première bombe atomique… Le narrateur, écrivain, tente de survivre à ces maux innombrables.
Mais comment reprendre pied alors que les disparus rôdent toujours…? Les cadavres souvent méconnaissables n’ont en effet pas pu être identifiés… Les vivants sont parfois eux aussi non reconnaissables, parce que défigurés, en proie à la maladie, à la décomposition, à la lente destruction intérieure, morale et physique :
« Lorsqu’il montait dans le tramway où se côtoyaient toutes sortes de gens, M. Maki voyait également souvent des passagers lui faire un signe de la tête, de part et d’autre. Quand lui-même répondait sans bien réfléchir par un signe de tête, il arrivait qu’on lui dise par exemple : « Mais vous n’êtes pas M. Yamada. »(…) En effet il y avait continuellement à Hiroshima quelqu’un qui recherchait, maintenant encore, une personne. »
Ces tableaux d’apocalypse sont un témoignage littéraire du traumatisme que subit l’écrivain, comme tous ces compatriotes… Une description simple, crue, sans fioritures, sans complaisance politique… juste le récit de la vie de ceux qui à Hiroshima payèrent le prix de la Guerre et d’une reddition sans condition.
5 rules of mobility learned in 2009